Le 15 Tamouz, nous célébrons la Hilloula (anniversaire du décès) de Rabenou Rabbi 'Haïm ben Attar, auteur du célèbre commentaire « Or Hahaïm » sur la Torah. Voici quelques points clés pour découvrir ce Tsadik :

1. Un des plus grands commentateurs

Rabenou 'Haïm ben Attar, surnommé le « Or Hahaïm » d'après le titre de son œuvre majeure, fut l'un des plus grands commentateurs de la Torah à l'époque des A'haronim (אחרונים), ainsi que commentateur de la Guemara (Talmud), kabbaliste et décisionnaire halachique. Il passa la majeure partie de sa vie (environ quarante ans) au Maroc. À l'âge de 43 ans, il s'installa en Terre d'Israël. Après une période dans le nord du pays, il s'établit à Jérusalem où il fonda sa yeshiva, « Midrash Knesset Israël ». Il s'éteignit seulement un an après son arrivée à Jérusalem, à l'âge de 47 ans, et fut enterré sur le mont des Oliviers.

2. Le titre de « Kadosh»

Le Or Hahaïm a mérité de recevoir de son vivant le titre rare de « Kadosh » (Le Saint). Outre lui, seuls le Alshich et le Shelah sont communément désignés par ce titre dans l'histoire juive. Les paroles du Baal Shem Tov sont célèbres : il affirmait que le Or Hahaïm possédait une étincelle de l'âme du Mashiah.

3. Les miracles sur sa tombe

Il existe d'innombrables récits de miracles survenus à des Juifs venus prier sur sa tombe et ayant pris sur eux d'étudier son commentaire de la Torah. L'une des histoires de miracles les plus connues concerne Rabbi Hillel Schlesinger, qui n'avait pas réussi à avoir d'enfants pendant de nombreuses années. Un médecin spécialiste lui avait dit de façon ironique : "Quand des cheveux pousseront dans la paume de ma main, tu auras des enfants", signifiant par là qu'il n'y avait aucun espoir. Triste et abattu, Rabbi Hillel se rendit immédiatement sur la tombe du Or Hahaïm Hakadosh au pied du mont des Oliviers. En versant des larmes chaudes, il s'engagea à étudier chaque semaine un passage de son livre. Miraculeusement, un an plus tard, il tenait sa fille aînée dans ses bras. Rabbi Hillel a par la suite fondé une lignée de Justes, et l'un de ses gendres fut le grand rabbin Moshe Halberstam, membre du tribunal rabbinique de la Edah Haredit.

4. La protection de la Terre d'Israël pendant la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que les armées allemandes se trouvaient aux portes de la Terre d'Israël sur deux fronts (en Syrie et en Égypte), les tribunaux rabbiniques de Jérusalem appelèrent la population à se rendre sur la tombe du Or Hahaïm Hakadosh le jour de sa Hilloula. Des foules de Juifs s'y rassemblèrent pour multiplier les prières et les supplications, guidés par le Rabbi de Husiatyn et le Rabbi de Zvhil. Après la récitation des Psaumes, la joie se lut soudain sur leurs visages. Lorsqu'on interrogea le Rabbi de Husiatyn sur la raison de cette joie, il répondit : "Le danger est écarté, le glaive ne passera pas sur notre terre". Les participants, émerveillés, lui demandèrent comment il le savait. Le Rabbi expliqua qu'il avait vu les lettres du Nom divin (le Tétragramme) briller dans leur ordre exact au-dessus de la tombe, comprenant ainsi que le décret était annulé. Le Rabbi de Zvhil fit la même confidence à ses proches. Effectivement, deux jours plus tard, les Allemands subirent de lourdes pertes sur les deux fronts et durent fuir la région : les Juifs de Terre d'Israël furent sauvés par miracle.

5. Une Ségoula réputée pour avoir des enfants pieux

C'est une Ségoula (remède spirituel) très célèbre : quiconque prend l'engagement d'étudier régulièrement le commentaire du Or Hahaïm sur la Torah aura le mérite d'avoir des fils justes, versés dans l'étude de la Torah et la pratique des commandements. Le Rabbi de Gour (l'auteur du Lev Simcha) expliquait le lien profond entre cette étude et cette bénédiction : le Or Hahaïm lui-même n'ayant pas eu d'enfants, toute sa force de procréation spirituelle s'est déversée et concentrée dans son saint livre. C'est pourquoi chaque paragraphe de cet ouvrage est propice à engendrer une sainte descendance.

6. Des délivrances dans tous les domaines

L'étude du Or Hahaïm est réputée pour apporter de nombreuses délivrances. Elle constitue une Ségoula pour:

  • Fortifier la foi (Emouna, selon Rabbi Yo'hanan de Karlin)
  • Obtenir la guérison (Refoua, cité dans le Imrei Pinhas)
  • La richesse (cité dans le Segoulat Moshe)
  • La longévité (cité dans le Segoulat Moshe)
  • Etre sauvé en temps de détresse (au nom de Rabbi 'Haïm Palagi, citant le 'Hida)
  • Acquérir la crainte du Ciel (cité dans le Ohr HaBahir)
  • La pureté de l'âme (au nom du Rabbi de Ruzhin).
  • Il est également rapporté par de grands Tsadikim que quiconque étudie son commentaire sur les sections de Aharei Mot et Kedoshim a l'assurance de ne pas quitter ce monde sans avoir fait Techouva (repentir).

7. La coutume du Baba Sali

Les proches de la maison de Baba Sali racontaient que chaque vendredi, il s'asseyait sur le seuil de sa maison et ne bougeait pas tant qu'il n'avait pas terminé l'intégralité du commentaire du Or Hahaïm sur la Paracha de la semaine.

8. Le témoignage du Baal Shem Tov

Le Or Hahaïm s'éteignit à la sortie du Shabbat, le 15 Tamouz, au tout début de la nuit. Au même moment, dans la ville de Medzhybizh en Ukraine, le Baal Shem Tov procédait au Netlat Yadayim (l'ablution des mains) pour le troisième repas (où, en raison du décalage horaire, le soleil ne s'était pas encore couché). Il s'exclama alors : "Le flambeau de l'Occident s'est éteint !". Lorsque ses élèves lui demandèrent après Shabbat le sens de ces paroles, le Baal Shem Tov leur apprit que Rabbi 'Haïm ben Attar venait de décéder. Ébahis, ils lui demandèrent comment il l'avait su. Il leur répondit qu'il existe une intention (Kavana) lors de l'ablution des mains qui n'est connue que d'un seul sage unique par génération. Jusqu'alors, seul Rabbi 'Haïm ben Attar la maîtrisait. Au moment précis de verser l'eau, cette intention s'était soudainement révélée au Baal Shem Tov, lui signalant ainsi que l'âme du Or Hahaïm venait de monter au Ciel.

La tombe du Or Hahaïm est restée un lieu Kadosh à travers les générations. Chaque année, des milliers de Juifs s'y rendent en pèlerinage sur le mont des Oliviers, en particulier le jour de sa Hilloula le 15 Tamouz, ainsi que tout au long de l'année pour solliciter des bénédictions.

Source: hidabroot